MANITAS DE PLATA
http://www.esbb.net/biogra_fr.htm (clic ici, lien de l'article)
C'est en Mars 1964, au cours d'une fiesta mémorable, un soir de corrida à Arles, que Picasso s'écria, après avoir entendu jouer ce gitan né dans le Sud de la France, " Il vaut plus cher que moi !", et de graver sur sa guitare un dessin qui était l'acte de baptême d'une nouvelle vedette : Manitas de Plata .
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Né en 1921, dans une roulotte à Sète, celui que l'état civil ne connait que sous le nom de Ricard BALIARDO fut très vite reconnu par les siens comme Manitas de Plata (l'homme aux mains d'argent). Chaque année, au cours du pèlerinage gitan des Saintes Maries de la Mer, il se distingait parmis tous les autres gitans. Mais du vivant de Django Reinhardt personne et surtout pas Ricardo Baliardo, n'aurait pu prétendre détrôner ce roi de la musique gitane. La hiérarchie est très respectée dans le monde gitan. La place laissée vacante par la mort de Django, ne fut véritablement réoccupée que dix ans plus tard lorsqu'enfin Manitas de Plata accepta de jouer en public. |
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Les managers commencèrent à défiler. L'un d'eux offrit un contrat exclusif comprenant trois concerts au Carnegie Hall de New York. Mais comment expliquer à Manitas de Plata ce qu'était ce haut lieu du "Show Business" ? Lorsqu'enfin ils débarquèrent à New York, ce gitan du midi n'eut même pas la joie de lire la bande qui barrait ses affiches sur la 57ème rue "A la demande générale, 4ème concert exceptionnel au Carnegie Hall": il ne savait pas lire ! |
Depuis 1967, Manitas de Plata parcourt le monde entouré de sa tribu ou en formation plus réduite mais ayant toujours auprés de lui sa famille, qui tantôt précède l'arrivée du grand guitariste, tantôt l'entoure de leurs guitares formant alors un ensemble unique au monde.
Manitas de Plata n'est pas un fabricant de "tubes". Il joue sa musique comme il respire, comme il vit. C'est parce qu'elle est la vie même qu'on ne s'en lasse pas et qu'il reste un "Evergreen" (toujours vert) foulant les plus grandes scènes du monde, n'hésitant pas à pénétrer au coeur d'un parterre de 4000 à 7000 spectateurs (comme à l'Albert Hall de Londres) pour jouer aux pieds d'une belle fille qu'il a reconnu de loin, d'un petit "fan" rempli d'aise, ou d'un paralytique dans sa chaise au fond de la salle.
Invité par une amie à jouer pour un prince, grand nom de la Jet Society il gâcha la soirée en refusant de jouer. Quand tout le monde fut parti, il se tourna vers elle, se mit à genoux et lui dit "maintenant je vais jouer pour toi". Tous les soirs le public de Manitas de Plata est cette belle amie et ni Roi ni Prince ne l'empècheraient de venir au rendez-vous.
De nombreux enregistrements sont parus, et chacun est une surprise, même pour ceux qui le connaissent bien. Ce sont les plus beaux jalons d'une carrière unique en son genre car le langage universel de ses dix doigts lui a permis de franchir toutes les frontières et de se faire comprendre tant aux USA, Nouvelle Zélande, Italie, Suède, Finlande, Bulgarie ou Israël, qu'à Singapour, Berlin, Londres ou Montréal...

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